La règle est stricte : un mineur français ne pose pas un pied en dehors du territoire national sans une autorisation écrite délivrée par ses représentants légaux. Passeport en poche ou non, sans ce document, il se voit refuser l’embarquement ou l’accès à la frontière.
Depuis 2017, la réintroduction de l’autorisation de sortie du territoire concerne l’ensemble des moins de 18 ans qui voyagent seuls ou accompagnés d’un adulte autre que leurs parents. Cette exigence s’applique à tous les motifs de déplacement, séjour scolaire ou linguistique compris. Certaines destinations, par ailleurs, réclament des formalités complémentaires.
Voyager sans ses parents : ce que prévoit la loi pour les mineurs
Prendre l’avion, monter dans un train international, embarquer sur un navire : pour un mineur, rien n’est laissé au hasard. Depuis 2017, la loi encadre avec précision le départ d’un enfant sans ses parents. Toute sortie de France par un mineur non accompagné d’un détenteur de l’autorité parentale suppose une autorisation de sortie du territoire (AST). Ce document, à télécharger en ligne, doit être rempli et signé par un parent ou tuteur légal.
Mais la législation va plus loin. Un parent séparé peut s’opposer au voyage en déposant une opposition à la sortie du territoire (OST) auprès des autorités. Cette procédure, distincte de l’interdiction de sortie du territoire (IST) ordonnée par un juge aux affaires familiales, vise à protéger l’enfant contre des déplacements non souhaités. En cas de conflit sur la garde, le juge tranche et peut restreindre les déplacements, maintenant ainsi un équilibre entre la liberté de l’enfant et la volonté de protection parentale.
Les compagnies de transport, qu’il s’agisse d’avion, de train ou de bus, réclament ces justificatifs au moment de l’embarquement. Sans autorisation, impossible pour le mineur de partir. Ces règles concernent tout type de voyage : séjour linguistique, vacances chez un proche, déplacement scolaire à l’étranger. Contrôles rigoureux et vigilance du personnel traduisent la volonté de garantir la sécurité des jeunes voyageurs, tout en respectant la loi.
Quels documents sont indispensables pour une sortie du territoire ?
Avant tout départ, l’administration française impose un dossier complet pour tout mineur qui quitte la France sans ses parents. Voici les pièces à réunir, selon la situation :
- Une pièce d’identité valide du mineur (carte d’identité ou passeport) ;
- L’autorisation de sortie du territoire (AST) signée par un parent ou tuteur légal ;
- Une copie de la pièce d’identité du parent signataire ;
- Si la destination l’exige : un visa ou la carte européenne d’assurance maladie (CEAM).
La lettre manuscrite de consentement, autrefois tolérée, n’est plus acceptée. Désormais, compagnies aériennes, douaniers et organisateurs de séjours exigent le respect strict du formalisme. Un document manquant ? L’enfant ne part pas, même lors d’un simple échange linguistique. Pour les départs en groupe scolaire ou associatif, le responsable légal ou le chef d’établissement doit vérifier l’ensemble des papiers avant le départ.
Procédures à suivre selon la destination et la situation de l’enfant
Le voyage d’un mineur sans ses parents se prépare selon la destination, le motif du déplacement et la situation familiale. Pour un déplacement en France métropolitaine ou outre-mer, aucune AST n’est nécessaire. Mais dès qu’un passage de frontière s’annonce, la législation s’applique sans exception.
Pour l’étranger, la présentation de l’AST est systématique pour les mineurs français ou résidant en France. Avant l’embarquement, compagnies aériennes, opérateurs ferroviaires (SNCF Junior & Cie), ou compagnies de bus vérifient scrupuleusement les documents. Le mineur doit présenter tous les justificatifs, sous peine de se voir refuser le départ.
En voyage scolaire ou collectif, les démarches sont adaptées : l’établissement scolaire, la colonie ou l’association centralise les documents. Si l’enfant voyage accompagné d’un adulte autre que ses parents, cet accompagnateur doit posséder les mêmes justificatifs.
La situation familiale peut compliquer la préparation : en cas de parents séparés ou de désaccord sur l’autorité parentale, une opposition ou une interdiction de sortie du territoire peut bloquer le départ, même si tous les papiers nécessaires sont réunis. Pour les mineurs étrangers vivant en France, il faut s’informer auprès de l’ambassade ou du consulat du pays d’origine, chaque État fixant ses propres règles.
Conseils pratiques pour rassurer les parents et préparer le voyage en toute sérénité
Un voyage sans parents se prépare minutieusement. Pour rassurer tout le monde, il est conseillé de transmettre un programme détaillé avec horaires, trajets, coordonnées d’hébergement, et contacts des encadrants ou référents sur place.
Pensez à équiper le jeune d’un téléphone chargé, avec une liste de numéros d’urgence en accès rapide. Les services de localisation temporaire peuvent offrir un supplément de sécurité en cas de souci. Une carte prépayée (Pixpay, Kard, etc.) facilite la gestion du budget et limite les risques liés à l’argent liquide. L’assurance voyage adaptée, incluant couverture médicale et responsabilité civile, doit aussi être envisagée.
Quelques conseils de sécurité sont à rappeler : prudence dans les lieux publics, discrétion concernant les informations personnelles, respect des usages locaux. L’enfant doit connaître l’adresse de son hébergement et la procédure à suivre en cas d’imprévu, que ce soit en auberge, à l’hôtel ou chez une famille d’accueil. Les médicaments et ordonnances doivent être placés dans un bagage aisément accessible, accompagnés d’une explication écrite si besoin.
Une préparation méticuleuse, des outils adaptés : voilà ce qui permet d’envisager sereinement un voyage sans parents, pour le jeune comme pour les adultes. Et si l’aventure se construit sur des rails administratifs, elle laisse toute sa place à l’autonomie, à la confiance et à la découverte.


