Depuis 2016, l’Administration nationale américaine de la sécurité routière a recensé plus de 700 accidents impliquant le système Autopilot de Tesla. Les données montrent que certaines de ces collisions ont entraîné des décès, suscitant des enquêtes fédérales et des litiges contre le constructeur.
Les chiffres officiels révèlent un taux d’accidents plus élevé qu’avec d’autres systèmes d’assistance à la conduite. Les autorités mettent en avant les limites de la vigilance exigée par l’Autopilot. La réglementation reste floue, et la question de la responsabilité, entre conducteurs et fabricant, continue d’alimenter des débats devant les tribunaux.
Autopilot Tesla : où en est la technologie aujourd’hui ?
Le système Autopilot Tesla s’est taillé une réputation à part dans la galaxie de la conduite assistée. Présenté comme la vitrine de la voiture autonome, il s’agit en réalité d’un ensemble d’aides avancées à la conduite. On reste loin du fameux full self driving. Selon la Society of Automotive Engineers, la technologie de Tesla se situe entre le niveau 2 et 3 sur l’échelle d’autonomie. En clair : le conducteur doit rester vigilant et capable d’intervenir à tout moment.
Elon Musk ne cesse de promouvoir le terme FSD (full self driving). Pourtant, la version que les clients peuvent utiliser, même dans les programmes bêta, ne relève pas encore du niveau 5, le Graal de l’autonomie totale selon l’organisation américaine. Les exemples ne manquent pas : détection d’obstacles perfectible, gestion parfois hésitante des intersections, changements de voie encore approximatifs… la technologie n’a pas franchi toutes les étapes promises.
Voici deux points clés qui nuancent la promesse affichée :
- La catégorie d’autonomie réelle est en retrait par rapport à l’image véhiculée dans la communication officielle.
- Malgré des logiciels de plus en plus sophistiqués, le conducteur humain reste au centre du dispositif.
Dans la course à l’autonomie, Tesla a fait des choix radicaux. La marque fait confiance à la vision par caméra et à l’intelligence artificielle, laissant de côté le lidar, contrairement à d’autres constructeurs. Ce parti pris technique expose le système à ses propres failles. L’industrie avance en ordre dispersé : aucune stratégie, à ce jour, n’a permis de mettre sur la route une voiture entièrement autonome selon les standards internationaux.
Victimes et accidents : que disent les chiffres officiels ?
La réalité des chiffres tranche. La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), le régulateur de la sécurité routière aux États-Unis, publie des rapports réguliers sur les accidents impliquant le pilote automatique Tesla. Depuis le premier accident mortel recensé en Floride en 2016, la surveillance s’intensifie. À ce jour, onze enquêtes fédérales concernent des accidents impliquant Autopilot, dont plusieurs tragiques.
En 2021, un accident au Texas coûte la vie à deux personnes : le conducteur n’était pas à son poste lors du choc, selon les premières analyses. La NHTSA rappelle : même avec l’Autopilot activé, le conducteur doit garder la maîtrise du véhicule. Cette obligation figure dans les manuels, mais le terme « pilote automatique » induit parfois un excès de confiance.
Pour mieux cerner les faits marquants, voici ce que révèlent les rapports :
- Depuis 2016, onze accidents font l’objet d’investigations fédérales en lien avec l’Autopilot.
- Plusieurs accidents mortels sont survenus alors que le système était engagé.
- La NHTSA poursuit ses analyses pour déterminer la part de responsabilité imputable au logiciel ou au conducteur.
La question de la transparence des chiffres reste vive. Tesla met en avant le nombre de kilomètres parcourus sans incident, tandis que l’agence américaine privilégie le comptage des sinistres et l’analyse des circonstances. Ce contraste nourrit la défiance de certains spécialistes de la sûreté routière et relance le débat sur la répartition des responsabilités entre l’humain et la technologie.
Enjeux juridiques : qui porte la responsabilité en cas d’accident ?
L’arrivée du pilote automatique Tesla bouleverse les repères juridiques. Lorsqu’un accident survient, impossible d’éviter la question : qui doit répondre devant la justice ? Le conducteur, censé rester attentif, ou le fabricant qui met en avant l’efficacité de son système Autopilot dans ses communications ?
La plupart des législations placent la responsabilité du conducteur au premier plan, même avec l’assistant d’aide à la conduite enclenché. Les autorités comme la National Highway Traffic Safety Administration rappellent l’obligation de vigilance de l’utilisateur. Toutefois, les affaires récentes remettent ce principe en question. Des actions ont été intentées contre Tesla, accusée de ne pas avoir été suffisamment claire sur le niveau réel d’autonomie de ses véhicules.
En France, le code de la route n’a pas encore intégré de cadre spécifique pour les véhicules dotés d’un assistant autopilot évolué. Les assureurs ajustent leurs contrats en précisant les responsabilités en cas de sinistre. On attend désormais que le législateur clarifie les obligations respectives alors que l’innovation va plus vite que la loi.
La discussion touche aussi à la sûreté routière et à la confiance du public. Associations de victimes, experts et agences de Safety Administration demandent davantage de transparence sur les essais, les résultats d’accidents et la façon dont le terme « autopilot » est employé dans les campagnes publicitaires. Les tribunaux se saisissent désormais de chaque accident pour déterminer qui, du constructeur ou du conducteur, porte la responsabilité.
Vers une sécurité routière renforcée ou de nouveaux risques à anticiper
La sécurité routière change de visage avec l’essor des véhicules autonomes. Les promesses sont nombreuses : limiter les accidents liés à l’erreur humaine, anticiper les dangers grâce à l’intelligence embarquée, fluidifier les déplacements. Pourtant, la prudence reste de mise face aux problèmes techniques et aux défaillances des logiciels. Chez Tesla, que l’on parle de full self driving (FSD) ou de pilote automatique, la technologie repose sur des caméras, des radars et des algorithmes toujours plus puissants. Mais l’absence de lidar et la dépendance à l’IA soulèvent des interrogations concrètes.
Plusieurs éléments illustrent les limites actuelles de ces systèmes :
- La Society of Automotive Engineers classe ces assistances entre les niveaux 2 et 3 d’autonomie, loin d’une conduite déléguée à 100 %.
- Les conducteurs restent responsables de la sécurité, contraints de garder le volant et de surveiller la route.
- Les accidents répertoriés montrent que la vigilance humaine demeure indispensable, notamment dès qu’un imprévu surgit et que l’algorithme hésite.
Des incidents concrets, freinages brusques, mauvaise lecture de la signalisation, réactions inattendues aux chantiers, illustrent la nécessité d’un contrôle humain permanent. Les tests menés auprès de certains clients, parfois en dehors d’un cadre réglementaire strict, mettent en lumière les faiblesses d’une technologie en pleine mutation. Le progrès avance, mais il impose une règle cardinale : toute innovation sur la route doit s’accompagner d’une vigilance sans faille. À la croisée de la technologie et du bitume, la route ne pardonne pas l’approximation.


